BATIMAT, l’un des grands rendez-vous internationaux de la construction, rassemble à Paris des milliers de solutions, de matériaux et d’équipements qui façonnent l’avenir du bâtiment. Avec plus de 1 300 exposants répartis dans plusieurs pavillons, le défi était de repérer les innovations susceptibles d’accélérer la décarbonation du secteur, tout en gardant une question en tête : quelles solutions pourraient être adaptées et reproduites au Québec ?
C’est dans cet esprit que le SEREX, Innov&Export PME et le Créneau d’excellence Écoconstruction du Bas-Saint-Laurent se sont envolés pour Paris, en petite délégation, à la rencontre d’entreprises et de pratiques inspirantes, avec quelques conférences ciblées au programme.
Le séjour a toutefois pris une tournure inattendue lorsque Josée Lupien, présidente de Vertima, a invité le Créneau à participer à un panel sur une question incontournable : « Construire durable sans construire plus cher : est-ce réellement possible ? »
Le Créneau a ainsi partagé la scène avec Josée Lupien, de Vertima, Éric Côté, PDG du Conseil des entreprises générales du Québec (CEGQ), et Jean-François Arbour, ingénieur chez BPA, pour échanger sur les conditions économiques et techniques nécessaires à l’accélération de la construction durable.
Au fil des discussions, un constat s’est imposé : évaluer le coût d’un bâtiment uniquement à partir de son prix initial ne permet pas d’en mesurer toute la valeur. Les choix de matériaux, la conception intégrée, la préfabrication, l’optimisation des ressources et la performance à long terme peuvent contribuer à concilier les ambitions environnementales et la viabilité économique des projets.
La question du retour sur investissement demeure néanmoins centrale. Lorsqu’un promoteur vend son bâtiment à la livraison, il ne bénéficie pas nécessairement des économies d’exploitation réalisées au cours des décennies suivantes. Il devient donc essentiel de mieux démontrer les gains possibles dès la réalisation du projet, mais aussi la valeur à la revente et l’attractivité des bâtiments performants.
Cette réflexion prend une importance croissante dans les stratégies d’investissement immobilier. Les bâtiments intégrant des principes de décarbonation et de performance environnementale pourraient occuper une place de plus en plus importante dans la mire des grands investisseurs, pour qui la performance à long terme et l’évolution des exigences du marché deviennent des considérations stratégiques.
À ce propos, Vertima a d'ailleurs cité le Livre blanc en Immobilier durabl, paru en avril 2026, qui démontre clairement que la décarbonation du bâtiment est non seulement possible mais rentable.
Le panel a également permis de mettre en lumière les forces complémentaires du Québec et de la France. Le Québec dispose notamment d’une expertise reconnue dans la construction résidentielle en bois et d’une électricité largement renouvelable, tandis que la France offre des pratiques inspirantes en matière de reconnaissance des matériaux biosourcés et de gestion des matières résiduelles sur les chantiers. Autant de pistes qui invitent à apprendre les uns des autres et à adapter les meilleures pratiques à nos réalités respectives.
Au-delà des découvertes faites dans les allées du salon, cette participation à BATIMAT aura donc permis au Créneau de contribuer à une discussion essentielle pour l’avenir du bâtiment et de faire rayonner l’expertise québécoise sur une scène internationale.
S’inspirer, repérer les solutions reproductibles et créer des passerelles entre les acteurs : autant de façons de faire de la décarbonation un levier d’innovation pour la construction au Québec
Le Créneau remercie Josée Lupien de la Firme Vertima d’avoir osé mobiliser des acteurs québécois du bâtiment autour de ce panel afin de faire rayonner le Québec à Paris!
